86 Zenbakia 2000-07-07 / 2000-07-14

Gaiak

L'hôpital sans frontière

LARRASQUET, Jean Michel ROMATET, Jean Jacques

L'hôpital sans frontière L'hôpital sans frontière * Traduction au français de l'original en basque Jean Jacques Romatet/Jean Michel Larrasquet La "mondialisation" pousse les organisations dans des dynamiques de développement qui conjuguent paradoxalement l'ouverture à des horizons élargis et la relation à l’espace de proximité immédiate (c'est évident pour l'accès au savoir, à la technologie, à la formation...). Les zones transfrontalières comme la nôtre, sont des espaces où la dimension internationale (avec ce qu'elle comporte de différences, de ruptures) et celle de la proximité (connotant plutôt similitude et continuité) se composent et se contestent en une espèce d'étrange ballet. Gommer la frontière en tissant des réseaux Si cette dialectique du local et du (plus) global ne concerne évidemment pas exclusivement le domaine de la santé, elle le touche lui aussi de façon directe. De façon plus générale, et sans doute plus significative par rapport à notre propos, il faut ajouter que l'appréhension de bien des aspects de l’activité sociale s'ouvre rapidement à la dimension transfrontalière et rejaillit également de façon indirecte, sur le secteur sanitaire (au niveau du rapprochement culturel, au plan des moyens spécifiques mis en oeuvre pour le développement transfrontalier, au plan de l'augmentation des migrations transfrontalières). Les projets communs sont en général le résultat d'une maïeutique longue et complexe, faite de volontarisme, de ténacité et de volonté de la part d'acteurs qui apprennent progressivement à s'apprécier et qui comprennent l'intérêt qu'il y a à travailler ensemble. Relations avec la Navarre L'exemple de la relation Bayonne Pampelune est à cet égard édifiant: 17 ans de contacts pour 5 séminaires de gestion médecins directeurs, des participations croisées à de multiples colloques en France et Espagne, un appui réciproque à des jeunes médecins désireux de parfaire leur formation. Un autre projet en cours, pragmatique et modeste, mais certainementimportant dans l'optique du développement transfrontalier et européen, concerne l'apprentissage des langues pour les professionnels de la santé. Les relations avec la Navarre en sont encore à un stade de préparation et demandent une accélération. Relations avec le Gipuzkoa Les relations avec le Complejo hospitalario Donostia sont plus développées. Elles s'appuient historiquement sur un certain nombre de projets importants menés en commun (étude sur le reflux gastro oesophagien en pédiatrie, projet "Poliguitania" autour de la qualité de la prise en charge préhospitalière et hospitalière urgente des bléssés graves...). Un jumelage entre les deux hôpitaux est aujourd'hui à l'oeuvre, qui affirme une volonté institutionnelle de collaboration. Un certain nombre d'autres projets ont ainsi vu le jour, qui donnent progressivement un véritable contenu à cette collaboration (comparaison de la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (avec l'hôpital de Navarre à Pamplune), travail sur le VIH, travail en commun sur les prélèvements d'organes...). Par ailleurs, une collaboration se dessine avec la Polyclinique Gipuzkoa. Le Centre Hospitalier de Bayonne envisage de pratiquer des angioplasties dans sa salle d'exploration vasculaire, en coopération avec des cardiologues libéraux de la ville. Les autorités de tutelle exigent un service de chirurgie cardiaque à proximité (1 heure de table à table). A moins de créer un service à Bayonne, qui serait de taille insuffisante et trop coûteux, à sécurité incertaine, le recours au service de la Polyclinique de San Sebastian s'impose. Des négociations sont en cours pour surmonter les difficultés administratives... En outre, des relations régulières et amicales sont en oeuvre avec Osakidetza, service de santé dans la Communauté Autonome Basque. En particulier, un projet d'observatoire transfrontalier de la santé est en cours d'étude, qui serait d'un grand intérêt pour faire face en commun aux problèmes de santé publique qui eux en touscas, connaissent bien peu les frontières... Conclusion: Pour les organisations d'une zone transfrontalière, et l'hôpital et le développement sanitaire n'y font pas exception, la question se pose de savoir comment profiter pleinement des dialectiques de type "identité différence". Celles ci ouvrent sans aucun doute des possibilités enrichissantes de développement, à condition qu'elles puissent être appréhendées comme des enjeux stratégiques. La question est d’importance, car les "différences de potentiel" entre les deux zones basques de proximité permettent certainement d’impulser des échanges à forte "valeur ajoutée". C'est la volonté des hommes qui mène ces collaborations. La volonté d'hommes qui apprennent à se connaître, à s'apprécier. La volonté de construire en commun doit certes reposer sur la complémentarité: il faut une différence de potentiel pour que le courant passe; l'incantation est insuffisante. Mais il s'agit bien pour eux de construire des choses qu'ils ne sont pas "obligés" de faire. Des choses qui sortent du "ron ron" de la gestion quotidienne, de l'optimisation des ressources, de l'application des règlements et ordonnances, ou de la pression du "carriérisme". Consistant peut être dans l'autre dimension, celle qui manque au "métier", avec au delà la conscience de participer à un beau projet de rapprochement des hommes et de construction d'un Pays Basque sanitaire et social. Jean Jacques ROMATET, directeur du Centre Hospitalier de la Côte Basque, Bayonne Jean Michel LARRASQUET, maître de conférences à l'IUT de Bayonne Photos : Des sites Internet du Osakidetza et de la Ville de Pampelune Euskonews & Media 86.zbk (2000 / 7 / 7 14) gratuita | Abonnement gratuit | Free subscription Eusko Ikaskuntzaren Web Orria webmaster@euskonews.com http://ikaskuntza.org/cgiBanner/banner.cgi?datos=denda&link=www.euskoshop.com http://ikaskuntza.org/