109 Zenbakia 2001-02-02 / 2001-02-09

Gaiak

Quelques exemples de migrations tragiques en Amérique

MEHATS, Claude

Quelques exemples de migrations tragiques en Amérique Quelques exemples de migrations tragiques en Amérique * Traduction au français de l'original en basque Claude Mehats Quai de l'enfer! Horrible!...Les qualificatifs et les titres ne manquaient pas à la presse internationale qui semblait surprise le 20 juin 2000 par les méfaits de l'émigration. En effet, ce jour là, les douaniers anglais ont découvert dans un camion frigorifique les cadavres de 57 clandestins chinois et de 2 de leurs compagnons, survivants d'un long périple. Voilà que sont dénoncés des hommes sans scrupules, organisateurs de voyages périlleux, onéreux vers un «eldorado» britannique peu disposé à les accueillir. L'émigration basque, à destination de l'Amérique, a eu elle aussi son lot de malheurs, avec des voyages s'achevant par des péripéties mortelles. La tragédie concernant le plus grand nombre de personnes est celle de la Léopoldina Rosa, au XIXème siècle. Venu du Havre et arrivé à Bayonne au mois de septembre 1841, le beau trois mâts de 450 tonneaux, la Léopoldina Rosa «subira des réparations majeures3 avant son départ. Selon les armateurs, les travaux se montent à 90.000 francs. Au mois de janvier, ils organisent des visites du navire pour le public, pendant huit jours. Ils invitent les représentants des compagnies d'assurances à monter à bord pendant que le navire est vide pour qu'ils constatent sa parfaite solidité et sa qualité. Les avis publiés dans la presse annoncent que le navire sera commandé par le capitaine Hippolyte Frappoz qui a fait plus de dix traversées de l'Atlantique, un médecin, deux aides soignants, un pharmacien, seront à bord. On servira du bœuf frais au moins deux fois par semaine, et même un des armateurs a l'intention de faire la traversée. De plus, le prix du voyage est de 280 francs contre 300 à 325 francs sur les autres navires. En fait, en dépit de cette annonce rassurante, le voyage de la Léopoldina Rosa fournit un exemple tragique des conditions souvent effroyablesdans lesquelles les émigrants effectuaient leur voyage. Parti le 20 janvier 1842, de Bayonne, le navire alla relâcher à Pasajes pour y compléter son équipage, peut être même pour y embarquer d'autres émigrants; une fois parti, il fut assailli par des tempêtes et contraint d'aller relâcher plusieurs jours en Bretagne, la traversée de l'Atlantique fut épouvantable et quatre femmes périrent en mer. Assaillie par une nouvelle tempête, la Léopoldina Rosa fut jetée à la côte, et vint se briser sur les rochers de la côte Uruguayenne, près de Cap Castillos, le 09 juin 1842, c'est à dire quatre mois après son départ. Le naufrage eu lieu à 130 kilomètres environ de Montevideo. Sur les 300 personnes présentes sur le navire, il n'y eut que 70 rescapés. Ayant à peine posés pied à terre, les survivants eurent à faire avec les gauchos locaux qui se livraient au pillage de leurs biens. La nouvelle de la catastrophe n'arriva qu'en septembre en France. Elle souleva dans tout le département une émotion intense. Toutes les assemblées officielles, Conseil général, Conseils municipaux, qui s'efforçaient de lutter contre l'émigration, en tirèrent argument, la presse locale renchérit. Un haspandar, Katxo, écrivit «Pouloumpa» (Le naufrage), un chant destiné à perpétuer la catastrophe. Le 11 octobre 1949, l'agent d'émigration Pierre Monlong, émet des courriers à cinq familles basques. Arambel Jean Louis (berger à Los Baños en Californie), Chourrout Guillaume (berger à Stockton en Californie), Arduritz Jean (berger à Reno au Nevada), Suquilbide Jean (berger à Pocatello dans l'Idaho) et enfin Etchepare Pierre (berger à Flag Staff en Arizona) vont rentrer d'Amérique au Pays Basque. L'avion dans lequel voyageait aussi le champion de boxe Marcel Cerdan et la musicienne Ginette Neuveu, n'atteindra jamais la France. Pierre Monlong écrit de nouveau aux familles pour leur annoncer la tragédie, et récupérer les chèques dont il est créditeur. Au Pays Basque comme en France, l'émoi est à son comble. PierreEspil, d'Hasparren, écrit en français, en souvenir des disparus, la Ballade des cinq bergers basques. Claude Mehats, étudiant Photos: Auñamendi Euskonews & Media 109.zbk (2001 / 2 / 2 9) Eusko Ikaskuntzaren Web Orria