172 Zenbakia 2002-06-21 / 2002-06-28

Gaiak

Évolution de l' économie en Soule : situation actuelle et défis pour le futur

ETXEBEST, Mixel

Évolution de l¹économie en Soule : situation actuelle et défis pour le futur Évolution de l¹économie en Soule: situation actuelle et défis pour le futur * Traduction au français de l'original en basque Michel Etchebest 1) Pour parler de l¹économie en Soule, il faut, d¹abord, faire un rappel historique La Soule est une province qui vit de l¹agriculture depuis toujours. 13500 habitants vivent dans 35 villages. La Soule est organisée autour de deux villes principales Tardets et Mauléon. La population est très attachée à la terre, mais il a fallu comme dans beaucoup de pays de montagnes, partir plutôt que mourir de faim. Des familles nombreuses ont subsisté et les techniques agricoles n¹étaient pas comme actuellement si bien adaptées. Certains sont allés vivre dans les villes voisines, comme en Labourd ou plus loin en Amérique, comme à la poursuite d¹un rêve ! Dans cette histoire difficile, il y a 150 ans, un événement passa sous silence à Mauléon. Ce fut, l¹introduction de la première machine à tisser à Mauléon en 1864. Cet événement marqua la fin du siècle. D¹abord si les 35 villages de Soule ont perdu de leur population, la ville de Mauléon, à l¹inverse, s¹est développée. Une industrie nouvelle est née grâce aux nouvelles techniques. Pour fabriquer les espadrilles le tissu était utilisé et Mauléon a compté jusqu¹à 2300 postes de travail dans cette activité. Mais ce qui est étonnant est que ce développement ne s¹est pas fait grâce aux souletins, mais avec des gens venant de l¹extérieur. A Mauléon, sont arrivés des Italiens, puis lors de la guerre civile d¹Espagne, beaucoup de réfugiés, originaires d¹Aragon et de Navarre et dans les années 1950/60, ce furent les Portugais. Et, étant donné que les enfants des agriculteurs souletins ne voulurent pas travailler dans cette industrie, la Soule se partagea en deux. D¹une part Mauléon, avec ses usines et sa population d¹immigrés et d¹autre part 34 villages continuant à travailler sur l¹exploitation agricole. Cette division dela Soule est perceptible encore aujourd¹hui : Mauléon n¹est pas basque, mais plutôt espagnole, alors que la campagne environnante l¹est restée profondément. L¹économie a suivi ces deux directions. L¹activité agricole s¹est réduite petit à petit, comme d¹ailleurs dans d¹autres pays de haute montagne et Mauléon a perdu ses fabriques d¹espadrilles. Aujourd¹hui il ne reste plus que 200 postes de travail dans ce type d¹industrie. La Soule s¹est dépeuplée car les jeunes ont quitté le pays. Aujourd¹hui la Soule vit sur trois " pieds " : l¹industrie, l¹agriculture et les services. Chaque " pied " occupe 1000 emplois. Même si cette industrie ne fait vivre que 200 personnes dans la fabrication d¹espadrilles, une diversification s¹est créée autour d¹emplois nouveaux occupant 1000 postes de travail, dans la mécanique, le plastique ou dans l¹industrie déjà existante dans les environs. Les fabricants de caoutchouc ou de tissu ont trouvé des marchés nouveaux dans l¹automobile ou dans d¹autres secteurs. La mono industrie de l¹espadrille régressant, des postes de travail ont été perdus, mais actuellement l¹industrie est présente en Soule, certes diversifiée, mais elle voit l¹avenir d¹un bon ¦il. L¹agriculture aussi fait sa restructuration. La majorité des agriculteurs de Soule vit de l¹élevage ovin. Grâce au label de qualité, les agneaux se vendent mieux, et le lait de brebis se vend bien grâce au label d¹origine Ossau Iraty. Les éleveurs sont groupés en différentes coopératives et c¹est en Soule que le taux d¹installation de jeunes dans l¹agriculture, est le plus élevé, comparé à la France. Ce travail de groupe apporte des fruits et les jeunes agriculteurs ne sont pas esseulés dans leurs exploitations, ils travaillent ensemble. Ces regroupements nourrissent leurs réflexions afin de prévoir leur futur. Le dernier " pied " est le secteur des services. De ce côté, on entend dire souvent que la Soule est bien équipée : 5 lycées dans l¹enseignement, les services publics sont présents. Maisces services dépendent de l¹activité économique et si des problèmes apparaissent sur les deux autres " pieds ", pour le secteur des services, ce serait préjudiciable. Dernier détail, s¹il faut donner une analyse juste de la Soule, c¹est la situation de la culture basque. La Soule a été longtemps un pays peuplé de basques, parlant l¹euskara. Aujourd¹hui les pastorales et les mascarades subsistent. Mais, on se rend compte que la langue se perd et il y a de moins en moins de bascophones. Nous sommes en train de perdre nos racines et notre culture risque de s¹éteindre. 2) Et demain ? Nous pensons que la Soule a de l¹avenir, et l¹on ne doit pas avoir peur. C¹est exact, c¹est un pays affaibli, ces dernières années, mais il fallait faire une purge, et d¹après certains si l¹industrie de l¹espadrille avait disparu plus tôt ou dans un délai plus court, il n¹y aurait pas eu tant de dégâts. C¹est ainsi que la Soule avec ses élus, ses responsables économiques, ses associations, a mis en place un plan " 600 emplois en 10 ans ". Le but de ce plan est de sauvegarder l¹emploi actuel dans les dix années en Soule. Ce qui signifie que, même si aujourd¹hui on perd de la population active, dans 10 ans nous en gagnerons. Dans le secteur économique, sur ces 600 emplois, 400 sont créés dans l¹industrie et 200 dans les services ou des secteurs nouveaux. Les études ont été faites minutieusement et cette année 2002 est le début de cette planification. La communauté des communes de Soule (les 35 communes de Soule se sont regroupées en une communauté il y a deux ans) dirige ce programme. Pour nous soutenir, le gouvernement français et l¹Aquitaine nous ont apporté des aides financières. Pour prêter de l¹argent aux entreprises ils ont créé un fonds spécial de 1 500 000 euros. L¹aide à la formation et la construction de logements font partie du programme . Pour terminer, la société SODIE (une structure semblable) à celle de la Chambre de Commerce) apportera de l¹aide aux entreprises, pour la mise enplace de nouveaux projets et construire de nouvelles usines. SODIE est représentée dans toute la France,et par son intermédiaire, de nouvelles industries et de nouveaux industriels viendraient d¹ailleurs. Mais, nous sommes plusieurs à penser que la solution pour la Soule, viendrait d¹Hegoalde. Pour avoir des relations, il faut compter sur la volonté des gens. Les politiques ne vont pas nous encourager dans cette voie. L¹économie de la Soule a des points communs avec celle d¹Hegoalde et dans cette perspective des démarches ont été établies. Ayant la même culture et la même langue, pourquoi pas de fraternité dans le domaine économique ? Il y a de l¹argent, c¹est nécessaire, mais il ne fait pas la force économique. En premier lieu, c¹est le résultat du travail accompli par des hommes et des femmes, et ainsi on construit un pays. La Soule désire renforcer les relations avec Hegoalde et les approfondir. A ce jeu là, comme toujours en France, les mesures nécessaires pour soutenir la langue ne peuvent pas être prises. L¹économie d¹un pays dépend de son identité. Comment faire ? En ce qui concerne la langue, toutes les décisions prises, sont tranchées d¹avance. La France tient toujours ferme. Pendant ce temps, les ikastolas de Soule vivent difficilement et les gens laissent de côté l¹euskara, parce qu¹ils savent qu¹en ce moment, ce n¹est pas utile dans la vie quotidienne. Ceci apporte de l¹ombre à notre plan. Pour terminer, les Souletins ont confiance dans leur pays ! Mais, puisqu¹il est le plus petit des frères d¹Euskal Herria, la Soule a besoin de ses aînés de toute urgence. Alors, lecteur bien aimé, si vous avez une opinion sur le développement de la Soule, on accueillera volontiers vos suggestions. Photos: http:// http://perso.club internet.fr/jmglaria/PBasque st engrace.htm, http:// Euskonews & Media 172.zbk (2002 / 6 / 21 28) Euskomedia: Euskal Kultur Informazio Zerbitzua Eusko Ikaskuntzaren Web Orria